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Le karaté do vu par Jacques...



KARATE:

ART MARTIAL OU

SPORT DE COMPETITION?

 

   

Jacques RAULT.

  TABLE DES MATIERES :

   

INTRODUCTION

1 REPERES HISTORIQUES

1.1 ORIGINES TRADITIONNELLES DU KARATE

1.1.1 Aspects mythiques, philosophiques et religieux

1.1.2 Genèse du Karaté moderne

1.2 APPARITION DE LA COMPETITION

1.2.1 Enseignement universitaire

1.2.2 Mort de G.Funakoshi (1957)

1.2.3 Exportation de la culture japonaise

2 KARATE : ART MARTIAL

2.1 DEFINITION DE L'ART MARTIAL

2.1.1 L'art et la guerre

2.1.2 Art martial, art de vie

2.2 LE KATA : EXPRESSION ARTISTIQUE DU KARATE

2.2.1 Définition du Kata

2.2.2 Origines du Kata

2.3 CONCEPTIONS ET CHAMPS D'ENSEIGNEMENT

2.3.1 Qualité de l'enseignement

2.3.2 Responsabilité de l'enseignant

2.3.4 Les étapes traditionnelles de l'apprentissage

2.3.4 Méthodes et analyses

3. KARATE : SPORT DE COMPETITION

3.1 LE COMBAT EN COMPETITION SPORTIVE

3.1.1 Définition

3.1.2 But et règles

3.1.3 Codification

3.1.4 Sport et combat, différences

3.1.5 Objectifs

3.1.6 Valeur de test

3.2 LA COMPETITION ET LA VIE : PHENOMENE DE SOCIETE

3.2.1 Vie et société

3.2.2 Un passage vers le Karaté

3.2.3 Le cadre institutionnel

3.2.4 Les enjeux et les conséquences

3.2.5 Reconversion et réinsertion

3.3 ASPECTS PEDAGOGIQUES ET REFLEXIONS

3.3.1 Constatations

3.3.2 Analyses

3.3.3 Elargir, structurer

3.3.4 Les solutions, l'éducateur

 3.4 INFLUENCE DE LA COMPETITION SUR L'ART MARTIAL

3.4.1 Généralités

3.4.2 Les effets négatifs : "la démartialisation" de l'Art

3.4.3 La rupture ?

3.4.4 Réflexions, concertations

3.4.5 La violence et le sport.

3.4.6 Les aspects enrichissants

CONCLUSION 

Annexe 1

KARATE ET LE THE

Annexe 2

ENTRETIEN G.CHEMAMA

Annexe 3

COURRIER DE M.GILBERT GRUSS

Annexe 4

LEXIQUE

Annexe 5

BIBLIOGRAPHIE

  INTRODUCTION:

 

Le Karaté, art martial au sens noble du terme, technique de voyous, discipline ésotérique à la limite du mysticisme, sport de compétition de haut niveau, méthode de self-défense ou mode de vie et de pensée pour la promotion de la non-violence dans le monde - est un terme qui évoque de nombreuses images et qui donne lieu à bien des interprétations y compris parmi les pratiquants et les spécialistes. En effet la pratique du Karaté varie considérablement d'un continent à l'autre. Mais au-delà de ces différences, qui sont sans doute autant de richesses, le problème qui se pose aujourd'hui est celui de la diffusion à l'échelle mondiale d'un Karaté qui a évolué dans le sens du sport de compétition.

  La définition exacte du Karaté comporte deux aspects : un sens physique et un sens spirituel :

Etymologiquement "kara"  en Japonais signifie : Vide ou espace, et "Te" : main. Le sens physique de Karaté désigne donc la main vide dénudée d'arme (l'art de combattre à mains nues). Au niveau spirituel il évoque la main qui voyage dans le vide et l'espace (sens marqué par le suffixe -do- en japonais).

  "...Ce qu'on entend par Karaté Do ne constitue pas un simple art de combat mais une voie de la main vide, une technique physique d'élévation spirituelle, une initiation... "[1].

  Le Karaté est un art martial dont la finalité est de vaincre sans combattre. Il ne doit pas seulement consister en un simple assaut sportif éloigné du contexte originel, il se doit aussi d'être le gardien de la tradition.

La compétition sportive est par contre un exercice dans lequel les combattants mesurent leurs performances physiques et au terme duquel un vainqueur sera désigné. On peut donc à priori considérer que ces deux notions sont contradictoires. Cependant nous voulons montrer ici que la compétition médiatisée est un moyen pratique de diffusion du Karaté dans le monde. On peut la concevoir comme une étape facultative et bénéfique, pour autant qu'elle conserve dans l'enseignement une place bien déterminée. Elle doit rester la face émergée de l'iceberg et non pas la raison d'être profonde du Karaté, dont "le but ultime est de se dépasser soi-même"[2]

 Si chacun s'accorde à dire qu'il y a deux aspects, l'un martial et l'autre sportif, c'est donc dans les contenus qu'il faut chercher les causes de la confusion. On peut constater actuellement à travers divers articles de presse, qu'il y a une controverse concernant l'aspect du Karaté qui est censé prédominer.

 Un rappel historique aura pour but de retracer les grandes étapes du Karaté traditionnel et de la compétition sportive. Nous étudierons ensuite séparément chacun de ces aspects afin de mettre en évidence ce qui les différencie.

Nous pourrons montrer que ces deux pendants du Karaté forment une entité indissociable.

 

1 REPERES HISTORIQUES.

 

L'objet de cet historique est de mettre en évidence les grandes étapes du Karaté et de marquer ce qui a caractérisé les valeurs traditionnelles du Karaté. Il faut enfin réfuter un préjugé qui veut que la compétition soit apparue  avec l'occidentalisation du Karaté. Si l'Occident a adapté celui-ci à sa méthode de vie afin de l'accommoder à nos besoins propres et à ceux du marché, encore faut-il cependant nuancer et bien restituer chaque fait dans son contexte.

  1.1 ORIGINES TRADITIONNELLES DU KARATE.

  1.1.1 Aspects mythiques, philosophiques et religieux.

Les guerres, les invasions et les colonisations ont favorisé l'expansion des cultures sur tous les continents. En Asie les anciennes techniques de combat ont suivi le même cheminement. Ainsi vers le 6ème siècle un moine nommé Bodhidharma importa entre autre, la philosophie du Zen[3], et une méthode de défense à mains nues. Celle-ci était basée sur l'observation des animaux et ne présentait guère de ressemblance avec le Karaté actuel. La philosophie Zen imprégna fortement  la culture orientale en général et les arts martiaux en particulier. Cette technique de défense se développa en Chine au sein du monastère Shaolin[4], se mêla aux techniques locales de boxe chinoise tout en se dépouillant petit à petit des pratiques religieuses. Certains aspects cérémonials furent cependant conservés et traversèrent les temps. Le salut entre pratiquants[5], le salut en signe d'humilité en entrant dans le dojo et devant le portrait du maître qui montre "le chemin", la méditation, le silence", sont autant de rituels qui rappellent le caractère religieux  et la vie des monastères. Dojo  signifie d'ailleurs "la maison de la méditation " lieu  où les moines méditaient en paix "laissant les choses de la vie courante sur le pas de la porte".

A cette époque "On  pratiquait souvent cet art de défense sur les parvis des monastères ou dans des temples[6]".

  Le mode de transmission de ces connaissances, d'Inde en Chine puis au Japon via les îles Ryu-kyu[7], essentiellement gestuel et oral, avait un caractère confidentiel, voire secret. Le transfert des compétences était limité à un petit nombre "d'initiés". Ainsi le Karaté a établi "sa notoriété sur des légendes entretenues par une histoire imprécise souvent créée par des récits populaires, trouvant leurs origines dans l'imagination collective"[8].

  Citons quelques figures légendaires et récits tirés de  "Histoire du Karaté Do" de Kenji Tokitsu :

  Kanga Sakugawa (1782-1865) fut l'un des maîtres les plus anciens du Karaté dont la vie n'est cependant connue qu'au travers de récits légendaires comme son combat contre des pirates :

Lors d'un voyage vers la Chine, il fut attaqué par des pirates et après avoir bataillé héroïquement et victorieusement contre eux, Sakugawa fut confondu avec ceux-ci et condamné à mort. La légende dit que seul son attitude en prison et son refus de s'alimenter à volonté comme l'autorisait la coutume pour les condamnés à mort le fit remarquer par ses geôliers. Après enquête, se rendant compte de leur méprise, ceux-ci reconnurent ses mérites et autorisèrent Sakugawa à rester en Chine. C'est dans ces circonstances qu'il put apprendre l'art du combat chinois.

  Sokon Matsumara (1809-1899) dans son combat légendaire contre un taureau vit ce dernier s'enfuir en gémissant, vaincu à la vue du maître tenant un bâton.

  Lorsque Matsumara affronta Uehara, que personne n'avait jamais vaincu, ce dernier, malgré des assauts violents dirigés contre Matsumara se sentit cloué au sol par la force invisible du maître, lui avoua être complètement vaincu et regretta de l'avoir défié impudemment[9].  

On retrouve dans tous ces récits une dimension spirituelle, véritable force mentale prenant le pas sur la force physique.

  1.1.2 Genèse du Karaté moderne :

  Les techniques de combat à mains nues sont aussi vieilles que l'existence de l'homme mais au fil des siècles elles se sont affinées et selon les circonstances ont pris des formes et des noms différents. Le berceau du Karaté tel qu'on le connaît actuellement se situe à Okinawa, principale île de l'Archipel des Ryu Kyu au sud du Japon. La présence chinoise au 15ème siècle facilita la transmission des arts de combat chinois. De plus, une loi portant sur l'interdiction du port d'armes dans la paysannerie favorisa le développement de ces techniques de combat enseignées secrètement et réunies sous le nom d 'Okinawate[10]. Les paysans tenaient notamment à protéger leurs récoltes contre les prélèvements fréquents opérés par les soldats.

  Cette discipline acquise par nécessité contre les invasions japonaises pris dès 1609 une orientation guerrière et à ces techniques à mains nues s'ajoutèrent celles utilisant les outils agraires des paysans transformés en armes naturelles, sous le nom de Kobudo[11].

  C'est vers la fin de l'époque féodale vers le milieu du 19ème siècle qu'apparut la première école de ce qui deviendra le "Karaté" sous l'impulsion de maître Sokon Matsumara. Il faudra attendre le début du 20ème siècle pour que le "Karaté" apparaisse au grand jour grâce à Itosu[12] et Azato[13] tous deux disciples de Matsumura.

  Sous la direction de ces deux maîtres, Gishin Funakoshi étudie le Karaté et en 1922 il est le premier à l'introduire au Japon (d'autres suivirent : citons C. Miyagi et K Mabuni)[14]. Il crée le kimono (habit blanc) et différencie le niveau des élèves par un système de grades (ceintures de couleurs), influencé en cela par J. Kano fondateur du Judo.

  Face à la montée du nationalisme, il modifie l'écriture du mot Karaté en lui donnant une consonance japonaise[15], afin de faciliter sa diffusion et son intégration dans l'ensemble des arts martiaux japonais qui constituent le Budo, dont la tradition et le code d'honneur[16] sont très appréciés du courant militariste et nationaliste des années 1930. Il "japonise" aussi les principaux termes et appellations  techniques qui étaient un mélange de dialecte d'Okinawa et de chinois.

 L'année 1930 peut être véritablement considérée comme une date charnière. On peut situer à cette époque la fin de l'ère traditionnelle du Karaté. Avec son implantation au Japon et dans les universités l'enseignement s'adresse désormais à des groupes d'élèves de plus en plus importants, et non plus à un cercle restreint d'initiés. Des modifications de style et de nouvelles techniques apparaissent sous l'impulsion du fils de Funakoshi[17], souvent en profond désaccord avec son père.

 Cultures et langues différentes, mode de transmission ésotérique, récits légendaires ont renforcé le coté mythique d'un Karaté indissociable de l'art du combat chinois. Cependant il existe des différences indéniables entre les deux ainsi qu'entre le Karaté pratiqué à Okinawa et celui développé au Japon.

 Nous allons repérer maintenant la naissance de la compétition sportive et tenter de déterminer comment le Karaté a continué de "s'adapter" aux exigences d'un monde qui éclate et se modernise comme jamais auparavant.

 

1.2 APPARITION DE LA COMPETITION.

  1.2.1 Enseignement universitaire.

  L'enseignement dans les universités a favorisé un enseignement de masse et différents courants se sont développés, chaque école défendant sa vérité, sa tradition.

  L'atmosphère sociale[18] a joué un rôle déterminant dans la pratique du Karaté pendant et après la guerre et bien après. Les structures pédagogiques s'inspiraient des méthodes militaires et les techniques ont été modifiées pour des besoins de recherche d'efficacité à court terme. Les perspectives de guerre et d'une vie courte n'incitaient pas à la recherche de formation à longue échéance. On poussait les pratiquants à aller rapidement jusqu'au bout de leurs capacités physiques.

  En l'absence de réflexion à long terme sur le bien fondé des entraînements, ceux-ci ont été parfois mal conçu provocant des traumatismes physiques fréquents chez les pratiquants.

  Après la deuxième guerre mondiale, le Karaté devient de plus en plus populaire et bientôt apparaissent les premières rivalités, chacun se prétendant le véritable gardien de la tradition et le responsable de son orientation. Des cloisonnements s'établissent, et certaines écoles par le biais des ces rivalités cherchent à se comparer aux autres, introduisant la notion de compétition. D'autres trouvent cette progression incompatible avec une pratique traditionnelle et reste fidèle à Funakoshi[19], qui maintient l'unité grâce au respect qu'il inspire et prône le maintien de la tradition.

  1.2.2 Mort de G.Funakoshi (1957).

  G.Funakoshi a donné ses lettres de noblesse au Karaté, et préservé l'aspect traditionnel et spirituel de celui-ci afin de le maintenir dans le Budo. En 1949 se constitua-la "Japan Karaté Association" (JKA) avec Funakoshi à sa tête, favorisant ainsi l'essor du Karaté dont le nombre de pratiquants continua à augmenter.

  Après la mort de G. Funakoshi les contradictions et rivalités au sein de l'organisation s'accentuèrent et éclatèrent donnant naissance à plusieurs courant du Karaté. Il n'y eut désormais plus d'autorité morale qui puisse empêcher les diverses écoles, très présentes au sein des universités, d'organiser des championnats universitaires. La séparation fut consommée. Les premières rencontres sportives universitaires se déroulèrent en 1957 et avec la création de la Fédération japonaise de Karaté en 1964 eurent lieu les premiers championnats du Japon.

  La JKA[20], constituée aujourd'hui en fédération internationale indépendante de tendance nationaliste extrême droite[21] représente le principal courant de l'école Shotôkan, la plus connue en dehors du Japon. Elle organise ses propres compétitions et décerne ses grades. Mentionnons encore le courant Shotôkaï[22] né après l'éclatement de la première JKA ainsi que les courants universitaires très importants au Japon et traditionnellement attachés à la pratique des arts martiaux, piliers de l'éducation " sportive " japonaise.

1.2.3 Exportation de la culture japonaise.

  Après la deuxième guerre mondiale, les Etats Unis d'Amérique découvrirent le Karaté d'Okinawa pendant l'occupation[23] de l'île par l'armée américaine. Cette découverte des arts martiaux fut rapidement exploitée par le cinéma américain. Les films d'arts martiaux  ont été diffusés à travers le monde entier avec un énorme succès, notamment auprès d'une jeunesse à la recherche d'elle-même et en proie à une crise d'identité.

  Déjà apparaissaient une certaine confusion entre certains arts martiaux orientaux (comme le "kung-fu" par exemple, art martial chinois ), et le Karaté. Tous repris dans les mêmes films[24], par des promoteurs peu soucieux des invraisemblances géographiques, historiques ou techniques, mais uniquement motivés par une rentabilité importante et rapide de leurs abondantes productions.

Parallèlement le Japon connu un formidable essor économique. Il exporta aussi bien ses technologies de pointe que les arts martiaux.

La JKA participa à cette expansion, avec l'envoi d'experts à travers le monde. Il ne s'agissait pas de maîtres, trop âgés ceux-ci préféraient rester au pays. Ces experts étaient de jeunes instructeurs fougueux, nouvellement et rapidement formés pour les besoins de la cause. De plus il n'y avait pas assez d'enseignants dans les pays où le Karaté fut diffusé et la tendance à promouvoir trop rapidement des pratiquants au grade d'enseignant fut évidente. Cela n'allait pas dans le sens de la qualité et de la fidélité dans la transmission des connaissances et de l'esprit du Karaté Do, selon la conception de Funakoshi et de ses pairs.

Ces instructeurs japonais, européens ou français dispensaient un enseignement dans la lignée des années de la 2eme guerre mondiale : il était dur physiquement[25], et ne tenait pas compte des capacités physiques des pratiquants, ni des effets à long terme. Certains Karatékas des années 60 peuvent témoigner des traumatismes articulaires et autres séquelles qui les handicapent encore à des degrés divers. Heureusement et souvent grâce à eux les choses ont eu tendance à changer.

Les premiers championnats de France ont eu lieu en 1961. En France[26] le Karaté s'affilia à la Fédération française de Judo jusqu'en 1976, date de la création de la Fédération française de Karaté et Arts martiaux affinitaires (FFKAMA). Cette dernière est affiliée à la "World Union Karaté Association" (WUKO) qui aujourd'hui compte 112 nations. La WUKO est reconnu en 1985 par le Comité international olympique.

Les premiers championnats du monde en 1970 eurent lieu à Tokyo, date qui marqua l'essor du Karaté sportif à l'échelle mondiale.

Nous avons dégagé au fil de l'histoire du Karaté les grandes étapes qui ont marqué son évolution dans la société. La confusion dans les styles et les enseignements, les rivalités, l'exploitation commerciale et ses aberrations, la divulgation trop rapide d'un art jeune, l'apparition de la compétition sportive sont les éléments qui ont rendu confuse la pratique d'un Karaté Do traditionnel.

  De nos jours, évoquer les valeurs traditionnelles[27] du Karaté, nécessite le besoin de faire référence à une époque précise, selon le choix de la méthode, des objectifs à atteindre et des applications que l'on attend du Karaté. Il paraît impensable de ne pas adapter ces valeurs aux exigences d'un monde en proie à de constants changements.

 

2 KARATE : ART MARTIAL.

 

Etudions maintenant la manière dont se présentent la pratique et l'enseignement du Karaté Do en tant qu'art martial au travers des combats (sens guerrier) et des katas (sens artistique).

  2.1 DEFINITION DE L'ART MARTIAL.

  2.1.1 L'art et la guerre.

C'est par définition l'art de faire la guerre. Cette notion est encore étroitement liée à des d'idées du passé à l'époque où dans certaines familles  nobles il y avait un militaire, et un ecclésiastique, signes de réussite sociale. La guerre[28] fut promue au rang d'art, ne parle-t-on pas de : " L’art de faire la guerre "dans les ouvrages militaires ? De nos jours cette idée est très controversée. Il est vrai que les méthodes et les moyens ont changé par rapport aux temps féodaux[29] où le guerrier ne devait sa survie qu'à la force de son caractère et à des techniques inventées et éprouvées pour la plupart sur les champs de bataille.

Les enjeux et les combats de notre société sont d'une autre nature, le sens de l'honneur et la libre expression cèdent souvent le pas aux réalités ou aux besoins économiques.

  L'art suppose la recherche de la perfection, sans contraintes, dans une forme d'expression née de perceptions sensorielles empreintes d'émotions et de sensibilité.

"...expression corporelle esthétique développée dans chacun des mouvements..."[30]

" ...ce qui est martial s'attache à la guerre, au combat..." [31]

Peut-on trouver une harmonie entre ces deux notions ? Cela semble difficile d'après la morale et les sentiments de - tentatives de - paix qui prévalent de nos jours..

G.Gruss donne une explication : " l'art martial serait donc au-delà de la technique de combat elle-même et de la force de caractère que nécessite un affrontement vital, une recherche de l'absolu, une pratique tendant à transcender l'homme au travers d'une confrontation  permanente avec ses propres faiblesses. Elle permettrait  à ce guerrier des temps modernes de traverser la vie sans faiblir et à son esprit  de s'épanouir librement."[32]

  Le Karaté est donc plus qu'un art guerrier. Autrefois on disait Karaté-Jutsu (notion de guerre ) au Japon, terme auquel fut substitué en temps de paix celui de Karaté Do. Les Japonais considéraient après les périodes troubles de guerre que le Karaté appartenait désormais à leur patrimoine culturel et moral.

  2.1.2 Art martial, art de vie.

  L'art martial vise autant la transformation de l'être que l'acquisition d'une connaissance technique. Le pratiquant éduque son esprit par l'intermédiaire du corps. Ceci dit, le but de tout pratiquant d'un art martial réside dans le désir secret ou non d'acquérir une force lui permettant de faire face à toute forme d'agression[33].

La force physique étant bien sûr une étape de la longue recherche d'une force spirituelle bien supérieure, où la morale et la vertu tiennent une place prépondérante. On pourrait ajouter, surtout après la lecture de certains ouvrages[34], que le mal n'y a pas sa place, mais on risquerait de basculer dans les contes et légendes.

  Le coté non violent du Karaté se retrouve traditionnellement dans le fait que toute action commence par une défense[35] contre une agression. Celui qui prend l'initiative de l'attaque est le plus faible et sera vaincu. Il faut voir par-là que celui qui prend l'initiative du combat, qui s'adonne à la violence n'a pas un bon esprit, et la moralité veut ou voudrait qu'il soit battu. Il ne sera pas respecté, ce qu'on retrouve dans les récits légendaires cités plus haut ou autobiographiques de G.Funakoshi.[36]

  La technique, voire la force, si elle  peut être utiles sont secondaires, l'aptitude à réagir face au danger est prédominante et la stabilité mentale est indispensable.

  Quand notre vie est en jeu et que le combat devient inévitable, alors celui-ci correspond à la finalité de l'art martial, vaincre en un seul assaut[37], trait commun à tous les arts martiaux, couper en seul coup, toucher avec une seule flèche, anéantir l'adversaire dans l'attaque au moyen d'une défense. Cet aspect tranchant et définitif quelle que soit l'agression, mentale ou physique se retrouve dans des situations conflictuelles de la vie de tous les jours.

  Le Karaté  se définirait donc comme un art de défense avec une dimension spirituelle très marquée par les valeurs culturelles et morales du Japon, Le terme do se substituant à la notion de Jutsu amène le pratiquant à une recherche spirituelle et à un mode de vie qui s'exprime aussi bien dans les arts martiaux  que dans l'art de faire un bouquet ou de servir le thé[38]. Le coté martial est préservé dans l'enseignement traditionnel, où une vigilance et une attention de tous les instants sont maintenues, comme dans le cas du guerrier en temps de guerre.

 

D'après G.Gruss le Karaté se redéfinit ainsi :

 "N'avons nous pas réduit à une expression, à un enseignement technique, ce qui reposait avant tout sur des qualités mentales, voire spirituelles. Cette dérive technique n'est-elle pas la conséquence de la dérive sportive et inversement.[39]

  La compétition sportive a certes son influence, nous y reviendrons, mais nous avons mis en évidence que la dérive technique avait déjà commencé au Japon avant la guerre. L'intégration du Karaté dans la tradition guerrière japonaise fut un renversement radical dans les priorités de la pratique et dans les méthodes d'enseignement.

  2.2 LE KATA : EXPRESSION ARTISTIQUE DU KARATE.

2.2.1 Définition du Kata.

Etymologiquement Kata signifie forme ou moule.

Le Kata est un ensemble de séquences de mouvements formalisés et codifiés comprenant des séries de techniques, de défenses et d'attaques contre des adversaires imaginaires. Ils sont utilisés dans la transmission et la pratique des arts martiaux.

Les Katas commencent toujours par une défense et marquent ainsi l'esprit de riposte en cas d'agression. L'utilisation de ces techniques ne devrait intervenir qu'en cas de légitime défense et d'une façon dissuasive : la puissance et l'efficacité de la réplique seront proportionnelles à l'importance de l'attaque. Ce qui implique donc la nécessité pour le Karatéka de savoir détecter et apprécier le degré de danger.

  "Le Kata constitue en quelque sorte une extension du ki-hon[40]. Les techniques sont toujours exécutées dans le vide, mais cette fois enchaînées dans des orientations différentes. Vient s'intégrer dans le Kata une notion plus profonde du rythme et des rythmes en général. Le Kata est en même temps un travail sur la forme (d'où son nom forme ou moule), et sur le fond puisqu’en effet considéré comme un combat ultime et désespéré livré contre un certain nombre d'agresseurs"[41].

  Le Kata est aux Maîtres de Karaté ce que la symphonie est aux grands maîtres de musique classique : Une œuvre d'art.

  Les Katas sont au pratiquant ce que les gammes musicales sont au musicien : des outils de travail et de perfectionnement. La recherche et la création en feront des exécutants talentueux, des artistes ou des Maîtres.

  "Le Kata n'est pas une simple combinaison technique, il montre les émotions humaines, au travers de lui s'exprime des sentiments. C'est pourquoi le Kata est l'expression  des émotions humaines[42]"

2.2.2 Origines du Kata.

D'origine chinoise, les katas suivent le même parcours que le Karaté. Au cours de leur évolution, ils ont parfois gardé leur nom d'origine ou bien ont été traduit selon les besoins et les événements.

Le Kata Seisan[43] illustre bien ce propos, en effet son symbole ressemble au chiffre 13 qui dans la religion bouddhiste représente les 13 commandements. On retrouve bien au travers des katas l'influence des cultures indiennes et chinoises.

  Les danses d'Okinawa présentent parfois des similitudes avec des mouvements de Karaté, ces ressemblances témoignent de l'interaction de diverses cultures artistiques[44].

  Certains maîtres, surtout avant 1922, basaient leur enseignement sur l'étude et la répétition des Katas[45]. Les maîtres les ont modifiés selon leur propre sensibilité, les adaptant à leur style de pratique du Karaté, qui dépendait d'ailleurs souvent de leur morphologie.

 Le Kata tient donc une place prépondérante dans la pratique d'un art martial, car il est le reflet artistique de son évolution et il porte en lui tous les mystères et les secrets du Karaté. L'ensemble de tous les katas constitue en quelque sorte l'encyclopédie du Karaté.

  Le Kata est la mémoire et le manuel technique des mouvements. Il porte en lui toutes les valeurs morales de l'art martial, il est le véhicule de la tradition. Il sert de modèle. Il constitue une référence et un moyen de réflexion irremplaçable. Il représente donc l'outil pédagogique traditionnel par excellence. Ceci n'a rien de surprenant, puisque comme on l'a déjà évoqué dans la première partie, la transmission du savoir s'étant opérée de manière orale et gestuelle, le Kata a constitué le moyen de mémorisation gestuel du Karaté. Chaque Maître a donc laissé sa marque et une somme de savoir dans les katas qu'il a modifiés ou inventés. Certes, un débutant au départ ne saisit pas immédiatement le sens d'un Kata, ni la richesse qu'il peut tirer de sa pratique, de la même manière qu'un enfant apprenant la lecture a du mal à voir l'intérêt de la lecture dès le départ.

  2.3 CONCEPTIONS ET CHAMPS D'ENSEIGNEMENT.

  L'enseignement du Karaté Do aux pratiquants n'est pas un simple entraînement physique. Les tâches sont variées et complexes, car elles doivent éduquer le corps et l'esprit dans des domaines aussi variés que complémentaires, tels que le combat, l'expression martiale et le Kata, et enfin l'expression artistique.

  "L'enseignement d'un art martial ne peut être dispensé par un enseignant ordinaire[46]".

  Il ne s'agit pas ici de donner une définition exacte de ce que l'enseignement d'un art martial devrait être, mais d'évoquer les caractéristiques majeures d'un tel enseignement.

  2.3.1 Qualité de l'enseignement.

"De la qualité de son enseignement dépend l'avenir d'une discipline. Notre fédération a bien compris ce phénomène en créant un département formation"[47]

  La qualité de l'enseignement est vitale pour former les pratiquants qui, plus tard, diffuseront l'image de la discipline, et pour les plus doués d'entre eux, enseigneront peut-être à leur tour. Or la qualité d'un enseignement dépend aussi des structures qui l'organisent plus ou moins efficacement, et œuvrent en faveur de la reconnaissance sociale de la discipline. C'est tout l'intérêt d'un art martial pratiqué au sein d'une fédération organisée, agréée et déléguée[48] telle que la FFKAMA, par rapport aux arts martiaux marginalisés qui n'ont pas ou peu de structures faute de moyens, parfois malheureusement aussi pour échapper à toute forme de contrôle. On voit souvent ainsi d'étranges personnages former des groupes de pratiquants d'une discipline au nom exotique, qui relèvent plus du charlatanisme et de la secte, que d'un art martial. Ces activités sont très difficiles à sanctionner si un organe ne supervise pas et n'harmonise pas les enseignements. Elles sont de plus très lucratives, ce qui explique leur prolifération en dehors des institutions reconnues.

  2.3.2 Responsabilité de l'enseignant.

 " L'enseignant d'un art martial a une double responsabilité : enseigner une discipline et transmettre un art."[49]

  L'éducateur est donc plus qu'un entraîneur d'éducation physique. Il doit enseigner la technique proprement dite, initier à la recherche d'un idéal esthétique, donner une dimension martiale au combat, et enfin développer l'attitude mentale. C'est presque utopique. Ce ne doit pas être une raison pour esquiver ces champs d'actions ou de les faire disparaître au profit d'autres activités telles que la compétition. Ce serait s'éloigner de la vérité[50]. L'éducateur se doit quelles que soient ses possibilités et ses moyens de respecter celle-ci sous peines de dérive. Le système fédéral éducatif est là pour pallier les carences bien humaines dans les départements et régions, en proposant des stages de formation ou de recyclage, afin d'assurer que le cap sera maintenu par  tous les formateurs.

2.3.4 Les étapes traditionnelles de l'apprentissage.

  L'apprentissage d'un art martial s'étend sur toute une vie, il n'y a pas d'âge pour sa pratique. C'est une différence essentielle avec la compétition et avec certains autres sports. Au contraire on a besoin des anciens et de la richesse de leurs expériences. Cela s'appelle la transmission et fait partie de l'enseignement traditionnel.

Les grandes étapes de l'enseignement du Karaté Do tout au long de la vie d'un pratiquant peuvent se résumer selon le cycle suivant :

- l'apprenti guerrier (le débutant, connaissance de l'art martial).

- le guerrier (le combattant, le temps du Shiai)[51].

- l'homme de connaissance (l'expert, période de l'enseignement)

- L'homme de passation (le Maître, le temps du sage qui montre la voie).

A propos d'expert et Maître, Francis Didier[52] écrit :

 "On confond trop souvent expert et Maître... Les experts japonais de très haut niveau, qui sont venus en France ont énormément poussé le coté moteur, en oubliant de développer le coté spirituel. Pour moi un Maître n'est pas un char "Panzer" qui détruit tout sur son passage, c'est plutôt quelqu'un qui voue sa vie entière à l'art, qui conseille un chemin propre à chacun... C'est celui en qui on peut placer toute sa confiance... C'est celui qui dispose de tous les éléments pour permettre un choix dans la forme corporelle et spirituelle."

  La première étape est celle du débutant, à "l'entrée du dojo" la dernière est celle du Maître, vers la "sortie du dojo" et de sa vie. L'art, lui ne meurt pas et se perpétue.

2.3.4 Méthodes et analyses..

Les méthodes d'enseignements adaptées au Karaté sont évolutives puisque le Karaté lui-même n'est pas figé. Elles sont sans doutes, très différentes de celles pratiquées par les paires de Funakoshi à Okinawa. Rappelons que celles-ci influencées par les événements sociaux, nécessitaient de la part des pratiquants de bonnes prédispositions physiques. Par confusion et par ignorance elles ont été souvent apparentées à la tradition.[53]

Ces méthodes en générales de types répétitives, sont basées sur des habiletés dites fermées que l'on retrouve dans l'enseignement des katas et ki-hon[54]. Elles sont par ailleurs complètement inadaptées à la pédagogie infantile.

A cette époque on était loin du Karaté pour tous. Heureusement des méthodes d'entraînement moderne, en tout cas bien mieux adapté à toutes les catégories de pratiquants ont pénétré irrésistiblement le Karaté. Elles furent introduites grâce notamment à nos anciens, qui forts de leur expérience, ont modifié leur enseignement en conséquence. Elles sont aussi sont issues des constatations et réflexions effectuées dans les centres de recherches sportifs[55].

De nos jours peu de pratiquants subissent ces anciennes méthodes d'entraînement, vestiges du passé, qui n'ont pas totalement disparus hélas. On trouve encore des adeptes de la "casse"[56], de longues séances d'activités physiques soutenues sans boire, de coups portés sans retenue sous prétexte d'endurcissement, de séances d'entraînement pieds nus dans la neige etc.

Vestiges, tradition d'un prétendu passé ou "dérives", beaucoup de confusion certainement. La FFKAMA se doit de surveiller, dénoncer et corriger ces erreurs. C'est sa mission[57], elle en a les moyens et les compétences, grâce à son importance et son organisation, avec l'aide de l'Etat et du mouvement sportif[58].

 

3. KARATE : SPORT DE COMPETITION.

  Nous allons maintenant essayer de déterminer la place du sport de compétition dans le Karaté Do, comment introduire son enseignement, sans confusion avec l'art martial, et analyser leurs possibilités de coexistence.

  3.1 LE COMBAT EN COMPETITION SPORTIVE.

  3.1.1 Définition.

  La compétition sportive[59] se présente comme le mode d'expression particulier d'un combat codifié et réglementé. Elle utilise pour désigner un vainqueur des critères d'évaluation différents de l'art martial.

  3.1.2 But et règles.

  Le vainqueur, sera celui qui par convention aura comptabilisé le premier un certain nombre de points (3 ippons[60]), en utilisant ses poings et ses pieds lors de ses assauts. Chaque technique jugée gagnante par les arbitres[61] doit être contrôlée, pour des raisons de sécurité. Le combat se poursuit après chaque point attribué, jusqu'au total requis ou jusqu'à la fin du temps réglementaire[62]. Les coups sous la ceinture sont interdits ainsi que certaines attaques jugées dangereuses (attaque du tranchant de la main à la gorge par exemple). Les coups au corps sont permis avec un certain contrôle. Lors d'attaques au visage le contact est interdit.

        3.1.3 Codification.

D'autre part si les coups ne sont pas portés, il va de soit que les critères d'évaluation d'efficacité ne sont pas les mêmes que ceux de l'art martial considéré. Les points vitaux sont codifiés, quand ceux ci sont atteints l'attaquant bénéficie d'un ippon si la technique est parfaite, il obtient un waza-ari si elle est satisfaisante, aucun point ne sera attribué si les arbitres jugent l'assaut confus.

  3.1.4 Sport et combat, différences.

  Le combat martial a un caractère dissuasif. En cas de légitime défense la riposte est décisive, en un seul coup[63], comme une arme à feu le serait avec de vraies balles. En compétition l'esprit est totalement différent, Il faut en quelque sorte tuer trois fois son adversaire pour gagner... Cette fois ci la notion d'attaque prime..

3.1.5 Objectifs

  Les objectifs et l'esprit de la compétition sont donc diamétralement opposés à ceux du combat martial. La façon de les atteindre sera donc différente, l'efficacité des techniques sera adaptée aux résultats recherchés et en tenant compte du règlement et des arbitres. En compétition on va donc privilégier la vitesse, la "touche" plus que le coté tranchant, un peu comme en escrime. D'ailleurs il est courant d'entendre les compétiteurs utiliser le terme "piquer" lorsque la technique a atteint son objectif. L'entraînement pour la compétition doit s'adapter à cette nouvelle donne. Il va être nécessaire de travailler la vitesse et la souplesse, deux qualités de base que l'on possède lorsqu'on est jeune.

  3.1.6 Valeur de test.

La compétition est un moyen d'évaluation qui se rapproche du combat en Karaté et qui permet de tester les aptitudes des combattants. C'était dit-on, à l'origine, la raison essentielle de son introduction avant d'être happée par le sport[64].

   

3.2 LA COMPETITION ET LA VIE : PHENOMENE DE SOCIETE.

 

                                        " qui s'assied au fond d'un puits pour

                                           contempler le ciel le trouvera petit. "

                                                                                    Hanyu.

  3.2.1 Vie et société.

  La compétition reste un excellent test faute de mieux, un jeu comme le pratiquait les jeunes guerriers des  temps passés en chassant, en comparant leur adresse au tir, leur force et leur agilité à la lutte, car ils ne possédaient pas d'autres moyens d'évaluation. L'efficacité elle, se jugeait en temps de guerre. L'enjeu était d'importance car le guerrier combattait pour sa vie.

  Heureusement les temps ont changé, le sport a remplacé ces jeux guerriers, il est la forme ludique du combat.

  Le sport de compétition développe des vertus reconnues telles que : gestion du stress, notion d'échec, esprit d'équipe et bien d'autres. Il fait appel à des qualités physiques qui nécessitent, de la part des pratiquants un mode de vie sain, une bonne préparation ; il est une étape vers la connaissance de soi-même. La compétition est un facteur de motivation, élément essentiel dans la réussite d'un apprentissage.

  La compétition est aussi un moyen d'échange entre les individus, les clubs, les pays etc.. C'est une bonne entrée en matière, dans la vie, pour ces jeunes, pas encore aguerris aux réalités d'un monde où il n'est pas toujours aisé de faire sa place. Avant d'être un combat, la vie est d'abord une lutte, c'est dans l'ordre des choses.

  3.2.2 Un passage vers le Karaté.

  La compétition est aussi un excellent support publicitaire, et favorise la diffusion du Karaté. C'est le phare qui attire les jeunes vers le Karaté comme le dit Chemama[65].

  La pratique de la compétition reste limitée dans le temps, c'est une étape dans la carrière du Karatéka, un passage vers le Karaté Do.

  La compétition a sûrement joué un rôle important dans l'évolution du Karaté, améliorant ainsi la notoriété internationale de notre discipline et par elle l'image de marque de notre Pays.

  3.2.3 Le cadre institutionnel.

  La compétition sportive a permis au Karaté de s'inscrire dans un cadre institutionnel, et de se doter d'un statut reconnu de discipline sportive. La compétition sportive est l'outil idéal, pour " vendre l'art martial" dirait-on en termes de marketing. Cela lui a permis de se structurer et de pouvoir bénéficier de certaines aides et subventions de la part de l'Etat. N'oublions pas que les subventions sont proportionnelles au nombre de licenciés et de leurs résultats sportifs.

  Les Fédérations qui ont rejeté cette forme d'expression, trouvant qu'elle était contraire à l'éthique, se sont, il faut bien le constater, marginalisées, freinant par la même leur expansion. La ffkAma a bien compris cette réalité et ratisse très large pour augmenter le nombre des adhérents. De 20 000 licenciés en 1972, la Fédération française de Karaté compte à ce jour 200 000 licenciés, 10% sont des compétiteurs.

  3.2.4 Les enjeux et les conséquences.

  Les débordements et les excès tant décriés sont les mêmes que dans les autres disciplines sportives. L'argent roi, le vedettariat, les médias ont malheureusement leur coté pervers et sont la causes des excès dont nous avons tous eu connaissance à travers la presse[66].

 

Si un jour le Karaté est admis en tant que discipline olympique il basculera encore un peu plus dans cet engrenage.

Si l'on se réfère à l'histoire, la création des premières compétitions dans le début des années 50 a provoqué un bouleversement bien plus important que les préoccupations actuelles du Karaté. Notre Fédération a comme rôle de gérer tous les aspects des arts martiaux, et de mettre en valeur toutes ses facettes.

  3.2.5 Reconversion et réinsertion.

  Pour réussir les athlètes ont besoin d'entraîneurs expérimentés, de préparateurs, d'une infrastructure efficace et de dirigeants. Ces divers emplois sont autant de possibilités de reconversion dans le monde du travail pour des athlètes qui ont tant sacrifié pour quelques médailles et une gloire éphémère. Ils peuvent ainsi mettre leur expérience et leur notoriété au service de la collectivité et des entreprises. D'où l'intérêt d'une discipline sportive crédible, spectaculaire et médiatique, et d'une Fédération bien organisée, efficace et présente dans bien des domaines.

Par exemple la FFKAMA a mis en place un projet[67] de réinsertion décrit comme : Karaté éducatif en zone prioritaire[68].

"Face au phénomène des banlieues, le Karaté offre des perspectives d'avenir en matière d'intégration. C'est pour cette raison que la FFKAMA, en osmose avec la volonté politique nationale  a décidé de mener une expérience dans le milieu scolaire en échec massif. Le Karaté sera un vecteur d'intégration pour ces jeunes car il propose des vertus éducatives, sociales et culturelles."

On ne peut que souhaiter la réussite de ce projet, et ce, grâce au Karaté sportif et au Karaté Do réunis dans le Karaté "réinsertion".

Enfin mentionnons que certaines expériences dans le cadre d'opérations de prévention existent déjà dans toute la France.[69].

 

Il est bien loin le temps ou l'on pouvait enseigner et pratiquer le Karaté comme le faisait Funakoshi, et ses maîtres. Le caractère bénévole de leur enseignement était adapté à un nombre restreint de pratiquants. Avec autant de licenciés la FFKAMA se doit de faire preuve d'un certain professionnalisme, afin d'assurer la formation et la qualité des enseignants.

 

3.3 ASPECTS PEDAGOGIQUES ET REFLEXIONS.

 

3.3.1 Constatations.

 

La compétition est une des facettes du Karaté, et " un enseignement par trop basé sur elle appauvrit l'art martial par son coté réducteur et les diverses incidences externes qu'elle entraîne. Il est évident que le bon sens engage à éviter de frustrer les 90% qui ne s'y intéressent pas"[70]

 

3.3.2 Analyses.

 

Il apparaît clairement que les adeptes de la compétition ont des objectifs bien différents de ceux de l'art martial, par conséquent les méthodes d'enseignements devront être différentes. Il semble difficile d'englober dans une même méthode l'art martial et la compétition. Le coté spirituel du premier ne sied guère à la compétition qui a un aspect plus démonstratif. Elle s'adresse aussi à une population de pratiquants jeunes, prédisposés par des aptitudes essentiellement physiques[71]. Cela ne veut pas dire que les autres sont exclus de cette forme enrichissante de jeu, s'ils connaissent leurs limites. Ce sera une des tâches de l'éducateur de veiller à cette prise de conscience.

 

3.3.3 Elargir, structurer.

 

Dans un grand club, avec plusieurs enseignants, il n'est pas difficile d'organiser des cours spécifiques à chaque pratique surtout si on l'on travaille avec des professionnels au sens propre du terme. Dans une petite structure c'est plus délicat, surtout quand l'enseignant est un bénévole.

 

"Une pédagogie basée non pas uniquement, mais surtout sur la seule compétition voilà le grand danger... des entraîneurs qui auraient une vision limitative du Karaté, voilà ce qu'il faut absolument éviter. Nous sommes tous d'accord pour dire que l'esprit de la compétition s'est éloigné de celui qui est spécifique à notre art martial".[72]

 

3.3.4 Les solutions, l'éducateur.

 

L'éducateur " exceptionnel[73] "devra structurer son enseignement de façon que chaque aspect, art martial et compétition, soit différencié sans négliger l'un ou l'autre. C'est souvent plus facile à dire qu'à faire. Il devra coordonner et doser les entraînements en tenant compte des interactions de la compétition sur l'art martial et réciproquement. Certaines activités complémentaires, comme le combat, sont enrichissantes dans l'acquisition des habiletés, mais aussi déviatrices.

 

3.4 INFLUENCE DE LA COMPETITION SUR L'ART MARTIAL.

  3.4.1 Généralités.

  Le problème fondamental porte donc sur la confusion du contenu de ces deux formes de pratique et de l'importance relative de l'une par rapport à l'autre. La compétition sportive, passage facultatif dans la vie d'un Karatéka, a quelques influences sur l'art martial. Le camp des puristes s'alarme au sujet de l'importance débordante de la compétition sur l'art martial[74], en le dénaturant et l'éloignant de sa véritable vocation. On dit parfois qu'il n'y a pas de fumée sans feu...

  3.4.2 Les effets négatifs : "la démartialisation" de l'Art.

  "L'introduction de la compétition de Karaté a été le premier pas vers sa "démartialisation". L’intention était louable. C'était de proposer aux pratiquants un test qui lui permettait de juger de leur faculté de réaction dans une situation imprévue... c'est en se répandant dans le monde, qu'elle est devenue un enjeu financier et politique, que l'art martial a perdu ses lettres de noblesse...  L'enseignement de cette discipline s'est calquée sur les autres sports soumis aux législations en vigueur, il a privilégié la pédagogie du titre, de la médaille aux dépends de celle qui vise la formation de l'individu... L'art martial a été sacrifié sur l'autel du sport et a commencé sa lente agonie..." [75].

  G.Gruss en parlant de l'enseignement soulève un point intéressant. Ce problème n'est pas insoluble, il doit trouver une solution au niveau fédéral.

  "La compétition Kata n'échappe pas à ces dangers, elle a une fâcheuse tendance à prendre actuellement une orientation exclusivement formelle et gymnique"[76].

  Nous avons vu plus haut dans les aspects pédagogiques qu'il existe des solutions, encore une fois par l'enseignement (voir aussi § 3.3.4).

  3.4.3 La rupture ?

  "pour moi le Karaté Do est un art martial je ne me reconnais plus dans le Karaté sportif actuel. Je dirais même plus, ce jeu sportif n'a plus aucun rapport avec un art martial".[77]

Avec cet article de Guy Sauvin nous ne sommes pas loin de la rupture. Il nous explique plus loin dans le même article un exemple précis de dérive d'une technique de compétition[78] par rapport à la façon dont elle se  pratique dans l'art martial, d'où source de confusion.[79]

  3.4.4 Réflexions, concertations.

  Quelque mois plus tard sa position est moins émotionnelle et plus réfléchie, moins choquante.

  "...Il n'est pas question de savoir ou non si la compétition sportive est compatible avec la tradition martiale mais de dire attention la compétition actuelle dérive et nous devons être vigilants..".

"...Je pense qu'il est temps pour notre Fédération d'avoir un débat de fond...  il est sain de se remettre en question..."

"....La volonté de changement ne suffit pas, les problèmes à résoudre étant dépendants les uns des autres, lorsque l'on croit en avoir résolu un, il en entraîne souvent un autre..."[80]

  Cette démarche est intéressante car il y a une volonté d'identifier les causes en proposant une réflexion collective, après concertation de toutes les tendances..

A la suite de ces déclarations des groupes de travail se sont formés[81]au sein de la FFKAMA. Les trois grandes orientations de leurs réflexions devraient porter sur la pédagogie, le développement du Karaté do et  l'organisation et le développement des compétitions sportives.

  "Est-ce à dire qu'il faut condamner à mort le Karaté sport, nullement car, car à partir  du moment où il ne constitue pas une fin en soi, où il est simplement une étape, un test dans cette recherche de l'esprit martial, il est source d'enrichissement".[82]

  3.4.5 La violence et le sport.

  Présente dans le cinéma, la télévision et  la presse, la violence se manifeste aussi dans le sport. Le Karaté n'échappe pas à ce fait social. Comme dans tous les autres sports de contact des accidents peuvent survenir ! Mais leur nombre est restreint et leur gravité modérée. Une bonne organisation, un arbitrage efficace et un comportement loyal de la part des combattants permettent d'en minimiser le nombre.

Moins acceptables sont les débordements gestuels et verbaux de certains compétiteurs, encouragés par un certain public friand de ce genre d'excès. Par leur comportement ils contribuent à donner, aux spectateurs non-initiés, une image violente du Karaté. Ce genre d'attitude non excusable et contraire à l'éthique de l'art martial peut être compréhensible. En effet, le compétiteur, lors de son combat retient son agressivité et emmagasine une grande dose d'énergie, qu'il libère soudainement après un assaut. Cette explosion émotive, nécessaire, reste sans conséquences physiques[83].

3.4.6 Les aspects enrichissants.

Des enrichissements il y en a eu, car la compétition malgré les dérives qui lui sont dues, participe à l'évolution du Karaté. Il n'y a pas heureusement que des inconvénients, nous avons déjà cité certains aspects positifs en voici d'autres.

  "La compétition a permis au Karaté sportif de s'enrichir d'un grand nombre de nouvelles formes de mouvement dont on ne peut nier l'efficacité".[84].

  La course aux résultats et à l'amélioration des performances dans le domaine de la compétition sportive a favorisé la recherche et l'amélioration des méthodes d'entraînement et de préparation physique. Elles ont influencé indirectement l'entraînement des arts martiaux et leur enseignement à leur avantage. Les entraîneurs et préparateurs des équipes sportives, anciens compétiteurs pour la plupart ont su mettre à profit leur expérience passée d'une part, et d'autre part l'accès aux centres d'entraînement et de recherches sportives[85] leur ont permis de faire évoluer sinon d'abolir certains concepts, désuets, dans ces méthodes d'entraînements[86]. Les arts martiaux et leurs pratiquants ont pu en avoir connaissances à travers la compétition et par ses enseignants.

  Citons aussi "les vertus éducatives des sports de combats qui représentent une activité psychologique très proche du comportement ludique des enfants."[87]

  Enfin l'avantage d'un pôle sportif institutionnalisé, fortement structuré, est évident. Il participe à la promotion du Karaté, à son l'évolution et à l'amélioration de l'ensemble des méthodes éducatives propres aux activités physiques sportives en générales. Son aspect médiatique, source de revenus, n'est pas à négliger, il procure à la Fédération les moyens de mener à bien toutes ces actions.

 

CONCLUSION:

  "Loin d'être une croyance le mythe du Karaté est une façon de transmettre un art de vivre, une sagesse, la question n'est pas de savoir s'il est vrai ou faux, (car un mythe ne peut-être ni vrai, ni faux), mais de mesurer son efficacité comme technique d'enseignement".[88]

  Il y a indéniablement quelque chose de mystérieux dans l'origine du Karaté, entrevu par un mode de transmission ésotérique. Dépouillé de son aspect mystique, il apparaît comme une simple méthode de combat qui nécessite de la force physique, ce qui exclu les personnes faibles.

  L'expansion du Karaté dans le monde a pris une telle importance que son orientation ne peut plus être, comme au temps de G.Funakoshi, donné par un seul maître et quelques disciples ça et là, sans risques d'en perdre le contrôle. La compétence et la bonne volonté, si elles sont nécessaires ne suffisent pas si nous voulons maintenir ou contrôler le cap. Il faut pouvoir bénéficier de structures efficaces et d'une véritable politique de développement du Karaté, afin de détecter et gérer au plus vite toutes les risques de déviation.

  Certains pratiquants prônent le retour aux sources, la recherche des véritables valeurs traditionnelles[89]. Nous avons montré que ces sources, remèdes de tous les maux ou solution miracle, sont bien difficiles à situer dans le temps, et ces valeurs à déterminer.

  Karaté, Karaté sportif, Karaté Jutsu ou Karaté Do sont autant de termes qui évoquent tous les facettes de cet art martial. Nous constatons qu'à certaines époques les événements ont favorisé le développement de quelques-uns uns de ces aspects. Ils ont été la cause des premières dérives, bien avant l'apparition des premières compétitions. Celles si n'ont fait qu'accentuer une tendance engendrée par le contexte historique.

  La société est en constante évolution et le Karaté s'est adapté à ses changements. Nous reprochons à la compétition de "démartialiser" le Karaté, c'est vrai si nous accordons au Karaté sportif trop d'importance par rapport à l'art martial." Les divergences d'opinion sur les deux formes de notre pratique, sport de combat et art martial, ne constituent pas l'essentiel des problèmes"[90]. La médiatisation excessive et l'argent, la confusion à propos des rôles de chacun, l'enseignement et les méthodes d'entraînement, les dérives techniques et spirituelles en sont d'autres.

  Le rôle des institutions, si elles fonctionnent bien, est justement d'éviter toute confusion dans l'enseignement, pour l'éducateur et ses élèves.

  La médiatisation et la commercialisation du Karaté sportif, avec tous ces excès, sont aussi une cause de dérapage, comme dans toutes les disciplines sportives d'ailleurs ! Les effets positifs ainsi que les côtés pervers sont connus. L'argent est un mal nécessaire, dans la forme actuelle de notre société, à condition de ne pas "vendre son âme au diable". C'est le rôle de la Fédération d'éviter toutes sortes de débordements et de lutter contre cette tendance.

  Les restructurations annoncées au sein de la Fédération indiquent de sa part une certaine volonté de ne pas se laisser dépasser par les événements. Les décisions qui sont ou seront prises peuvent paraître brutales et incomprises, voire ne pas plaire à tout le monde. C'est tout l'intérêt des groupes de réflexion et de recherche, qui devraient définir l'orientation du Karaté au sens le plus large, et prévoir les implications futures. Leur rôle de prévention est primordial.

  Toute remise en question s'accompagnant d'une période d'instabilité, il faudra s'attendre à quelques remous avant de pouvoir constater les effets de cette restructuration.

  S'il est logique que différents points de vue soient exprimés au sein d'une même fédération, la dissension quant à elle n'est pas une solution. Elle exprime un acte de refus et non pas une recherche de solution. La marginalisation a plus tendance à refermer qu'à élargir le champ de la pratique. L'esprit d'ouverture est important pour ne pas figer le Karaté dans le temps.

  Le Karaté Do doit donc évoluer et s'adapter au mode de vie actuel. Ses dirigeants se doivent de lui fournir les moyens de sa survie à l'échelle nationale et internationale si telle est leur ambition. La compétition sportive en est un, avec ses raisons d'être et ses règles précises. Cette forme d'expression, bien que marginale compte tenu du nombre de compétiteurs par rapport à l'ensemble des pratiquants, joue un rôle de phare pour le Karaté. Il faut bien admettre que sans celle-ci on risque de diviser le nombre d'adhérents par cinq[91], par conséquent de réduire les moyens financiers de la Fédération dans les mêmes proportions, avec les risques pour elle de devenir un groupement anonyme, voire une secte pratiquant une activité figée, puis dégénérée.

  La compétition sportive est et doit être au service du Karaté Do. Il est fondamental de maîtriser parfaitement la pénétration de celle-ci dans le Karaté Do en les différenciant sans ambiguïté, de définir leurs rôles et leurs statuts.

  Engendrée par la société et le Karaté moderne, le Karaté sportif n'est pas une valeur historique et traditionnelle du Karaté Do ; il sert plus à sa promotion qu'à sa recherche et à sa compréhension. C'est la vitrine du Karaté.

  Les autres aspects : artistique - art martial et/ ou art de vivre- sont l'essence même du Karaté, ses véritables raisons d'être. Ils sont porteurs de son histoire et de ses valeurs, de ses richesses plus ou moins dévoilées. Ils doivent constituer les principales sources de recherche pour les pratiquants afin de perfectionner leurs connaissances du Karaté Do tout au long de leur vie..

  Le Karaté Do puise ses racines dans les arts martiaux anciens, bases fondamentales imprégnées de toute une tradition et d'une culture orientale[92]. Il y a là sans doute matière à d'autres débats, notamment sur les origines profondes des arts martiaux et du mysticisme qui les entourent, de leur nécessité et de leur avenir dans un système qui s'éloigne inexorablement de ses repères et de ses valeurs ancestrales.

  Comment les valeurs traditionnelles, d'aujourd'hui, pourront-elles devenir celles de demain ?

 

"Si le Karaté a une valeur réelle, il est impossible qu'elle s'étiole avec le temps"[93].

Egami Shigeru.

 

Annexe 1

KARATE ET LE THE.

Citation de (STRANDBERG, Keith W., "The Zen expérience, Karaté and the Tea", in Traditional Karaté traduit par Gérard CHEMAMA dans Officiel Karaté n°74 pp 18-21)

  " Un maître de thé de l'ancien Japon, fut défié pour un duel à mort par un samouraï errant : Le maître de thé, craignant de perdre l'honneur, accepta. Malheureusement, il ne connaissait rien au maniement du sabre. Le duel devait avoir lieu incessamment, aussi le maître du thé se rendit-il chez le maître de sabre local pour acquérir quelques rudiments de cette pratique. L'entraînement commença, et l'homme de sabre découvrit bien vite que son disciple d'occasion n'aurait aucune chance contre le samouraï avec ces quelques rudiments. Il lui demanda alors de venir dans une autre pièce. Lorsque le maître de thé entra, le maître de sable lui désigna un service à thé et lui demanda de procéder à la cérémonie du thé. Très étonné, mais rempli de gratitude pour cette dernière chance qui lui était donnée d'exercer son art avant une mort inévitable, il servit le thé. Ses mouvements étaient précis et relâchés, son attitude complètement libre de toute la peur qui l'avait hanté depuis le jour du défi. Quand la cérémonie se termina dans un état de "Zanshin" le plus profond, le maître de sabre sourit et dit : "Il n'y a rien que je puisse vous apprendre sur l'art d'affronter la mort que vous ne connaissiez déjà ; faîtes face au samouraï avec l'attitude que vous venez de démontrer. Le maître de thé compris la leçon et s'en alla affronter le samouraï :

  Le matin du duel, lorsque le samouraï arriva, le maître de thé l'attendait déjà, sabre en main. Son attitude était calme et sereine, comme s'il était en train de préparer le thé. Le samouraï, voyant son adversaire prêt à affronter la mort, commença à s'inquiéter pour sa propre vie et s'enfuit.

  - Même article :

"Le Zen, philosophie qui, selon la légende, fut fondée par le moine Bodhidharma, au temple de Shaolin, dans le nord de la Chine, requiert comme principe fondamental un détachement total, l'esprit ne devant être préoccupé par en particulier."

 Ceci signifie que ce qu'on est en train d'accomplir sur le moment doit être traité avec plus d'importance que tout le reste, le reste étant occulté.

  - Moralité de l'histoire :

Le Karaté vise autant à être efficace en combat qu'à éviter le combat. Ce faisant, on peut considérer qu'il protège des vies qui auraient peut-être détruites lors d'un combat physique réel. Cela situe le combat aussi sur un autre plan, tout aussi important, le combat moral et spirituel, les orientaux considérant que l'esprit et le corps n'ont pas lieu d'être séparés, qu'au contraire leur cohésion confère une très grande puissance.

 


Annexe 2

 

ENTRETIEN G.CHEMAMA

ANNECY LE 27 JANVIER 1996

THEME:

 "Karaté, art martial ou sport de compétition"

 

 

1ère question :

           

Jacques RAULT :       Beaucoup de personnes s'accordent pour dire que la compétition dénature le Karaté traditionnel, et la rendent responsable de certaines des dérives qui se sont produites. Elles ne reconnaissent plus dans le Karaté actuel les valeurs qui caractérisaient selon elles autrefois "l'art martial".

      A votre avis, sous quel aspect se présenterait le Karaté de nos jours, au niveau d'une part de la pédagogie, et d'autre part de l'entraînement  physique, si celui ci était resté en dehors des compétitions sportives ?

 

 G. CHEMAMA : Cette question devrait être sans fondement. Malheureusement on donne à la compétition sportive une importance qu'elle n'a pas.  Rappelons qu'elle ne touche qu'environ 10% des licenciés, mais que son rôle est de constituer un phare qui attire les jeunes vers le Karaté. La médiatisation de cet aspect, l'argent, l'espoir d'une reconnaissance olympique ont exacerbé son rôle. Il ne faut toutefois pas la diaboliser. La compétition comporte des aspects positifs en général, qui sont différents de ceux que peut apporter une pratique du Karaté dit "traditionnel". On reconnaît son potentiel pour développer la vitesse,  les réflexes et l'aptitude à se déplacer. Elle permet aussi à un individu d'apprendre à gérer les situations de stress, à respecter son adversaire, l'arbitre et les règles de combat. Un compétiteur devrait aussi apprendre à accepter l'échec et à le surmonter. Le rôle publicitaire de la compétition ne doit pas non plus être systématiquement dénigré. Il convient toutefois de prendre garde au contenu de ce qu'on nomme compétition, d'en définir les limites et les règles précises. Il faut aussi la replacer dans son contexte, sans la négliger, mais sans non plus lui accorder une importance disproportionnée. L'éducateur doit structurer son enseignement dans cet esprit, sans confusion pour lui ou pour ses élèves.

  J.R.:  La compétition n'est-elle pas le coté ludique du combat, une source de motivation pour le pratiquant et le groupe ?

  G.C.:    Tout à fait, c'est important. La motivation est un facteur essentiel dans la réussite.

  J.R.:    En conclusion la compétition n'est pas vraiment responsable des dérives du Karaté, elle en constitue plutôt le prétexte.

  G.C.:    En effet. Mais encore une fois, je le répète, ne donnons pas tant d'importance à la compétition, considérons la comme appartenant à part entière au Karaté, qui lui-même est un tout et "tout" ira mieux.

J.R.:    Donc ne marginalisons ni l'un ni l'autre de ces deux aspects du Karaté.

  G.C.:    Tout à fait

  2eme question

  J.R.:        Parlons du Karaté traditionnel : à quelle époque ce terme correspond-t-il le mieux ? Et quelles sont les valeurs traditionnelles qui manquent au Karaté de nos jours ?

      G.C. :      On ne peut pas parler d'époque précise du Karaté traditionnel, mais on ne peut pas ne pas
évoquer les traditions passées par opposition à ce qui se pratique de nos jours. La "tradition" ou     les "valeurs traditionnelles" ne se rapportent pas à une période particulière, car le Karaté est en constante évolution, il  n'est pas figé dans le temps. Il subit les contraintes de l'environnement. La transformation de l'individu, le respect du lieu et de l'être, le salut, la capacité à se connaître, la droiture, toutes ces valeurs morales sont des valeurs fondamentales de toujours, auxquelles on doit se référer et que l'on doit respecter. On a tendance parfois à oublier certains préceptes,  parfois à en rajouter. Tout cela peut dépendre de la personne et des situations, le plus important je crois c'est de pouvoir justifier sa démarche et de ne pas tricher vis à vis des autres et de soi-même.

  J.R.:        Les valeurs d'aujourd'hui peuvent donc être la tradition de demain ? Le tout est de ne pas s'écarter du droit chemin : " la voie "en se référant aux valeurs fondamentales.

  G.C.:       Le Karaté Do  n'est pas fermé, il est ouvert, c'est l'éducation du corps et de l'esprit, en s'adaptant à son époque, respectueux des valeurs morales, sans tricherie.

  3eme question

        Le Karaté se définit, entre autres, comme un art martial : . Quel est la définition d'un art ? L'art de la guerre est-il un terme approprié de nos jours et ce terme n'est-il pas choquant du point de vue moral ?

      G.C.:       L'art est la capacité de s'exprimer en créant, de communiquer une émotion venant de soi-même. J'ai une autre passion, la musique classique et quand je joue de mon instrument je pratique un art tout comme en Karaté. Il y a un sens derrière le geste, une dimension physique et mentale. Ce qui fait qu'on transforme un simple mouvement en expression artistique.

  L'art martial de nos jours est une bataille pour la vie, car la vie est un combat. C'est une réalité, pour vaincre il faut une très grande motivation. Le soldat qui tire des balles à blanc aura toujours un doute de son efficacité. Le véritable combat en ce sens n'est pas un jeu. S'il n'y a pas une situation réelle le résultat est faussé, et une situation extrême nécessite une motivation extrême. Il n'y a donc pour moi rien d'immoral. Cela explique au passage pourquoi la compétition sportive n'est pas un art martial, mais un jeu avec ses règles.

  4eme question

  J.R.:                  Rien ne peut se faire ou se modifier sans considérer l'aspect pédagogique. C'est la structure essentielle de formation des pratiquants. S'il y a dérive, n'est ce pas le signe d'un enseignement mal adapté ? Actuellement les apprentissages en Karaté sont plus axés sur des habiletés fermées (ki-hon, Kata), propres aux  milieux stables (exception faite du jyu-kumité), comme vous l'expliquez dans votre livre.

    Ne pensez-vous pas qu'un apprentissage inspiré par l'approche cognitive utilisant des habiletés ouvertes serait mieux adapté à l'enseignement d'un art martial ? Elles seraient utiles plus particulièrement dans un premier temps chez les débutants (phase de découverte),  après quoi on pourrait dans un second temps revenir à des habiletés fermées (phase de renforcement).

  G.C.:       Dans mon livre[94], j'établis simplement un constat des habiletés correspondant à chaque phase de l'entraînement traditionnel. Habiletés fermées pour ki-hon et Kata, ouvertes pour les formes de combat.

     Par contre l'enseignement et particulièrement celui des enfants, devra laisser aux pratiquant, par le biais d'exercices éducatifs adaptés, la possibilité d'acquérir des sensations et de les évaluer par la pratique.

      J.R.:    Cet enseignement respecte-t-il la tradition ?

  G.C.:       Non dans la forme, car les temps et les méthodes ont changé, par rapport aux méthodes basées sur le style de gymnastique militaire issues d'avant guerre, mais dans l'esprit, en ce qui concerne l'approche philosophique.

      J.R.:        Donc, oui pour la tradition ; oui pour l'évolution et l'adaptation des techniques selon les possibilités de chacun, ce qui entraîne, pour conclure  ma 5ème question

  5eme question

  J.R.:    Le Karaté Do existe-t-il ?

  G.C.:    Oui bien sur, et il continuera d'exister si on reste "ouvert" sur le terme "Karaté".

  J.R.:    Pour conclure, on pourrait donc dire que s'il est difficile de définir les origines du "Karaté", on peut en revanche dire que ce qui existe bel et bien est le "Karaté Do". Terme "Do" qui fait, lui, référence à la "voie", valeur fondamentale de toujours, s'attachant à une pratique en constante évolution.

  Je vous remercie Monsieur Chemama d'avoir accepté de répondre à ces questions.

 

Annexe 3

  

COURRIER DE M.GILBERT GRUSS

Annexe 4

LEXIQUE

 

Asato Anko

Maître de Karaté du 19ème siècle.

 

Bâton.

 

Bouddhisme

Doctrine religieuse originaire de l'Inde.

 

Boutboul Albert

CN 6ème Dan. Comité de Rédaction du magazine " Officiel Karaté".

 

Budo

L'ensemble des arts martiaux.

 

Bushido

Code d'honneur des Samouraïs.

 

C.R.E.PS

Centre d'Education Populaire et de Sport.

 

Chemama Gérard

CN 6ème Dan. Responsable Dépt. Formation. DTN adjoint.

 

D.D.J.S

Direction Départementale Jeunesse et Sport.

 

Delcourt Jacques

CN 4ème Dan. Président de la FFKAMA.

 

Didier Francis

CN 7ème Dan. DTN adjoint. Entraîneur des équipes de France.

 

Do

Voie.

 

Dojo

Salle d'entraînement.

 

DTN

Directeur Technique National.

 

Egami Shigeru

Maître de Karaté du 20ème siècle.

 

Enoeda

Maître de Karaté du 20ème siècle.

 

F.F.K.A.M.A

Fédération française de Karaté et Arts martiaux Affinitaires.

 

Funakoshi Gishin

Maître de Karaté du 20ème siècle. Fondateur du Shotôkan.

 

Funakoshi Yoshitaka

Fils de Funakoshi G. Maître de Karaté du 20ème siècle.

 

Gruss Gilbert

CN 7ème Dan. Responsable de la commission des grades. DTN adjoint.

 

Hara

ventre

 

Hara-kiri

Ouvrir le ventre.

 

Herbin Henri

CN 4ème Dan. Responsable Dépt. Formation.

 

I.N.S.E.P

Institut National du sport et de l'Education Physique.

 

Ippon

Unique et essentiel. Désigne une technique décisive

victorieuse en combat

 

Ippon shobu

Combat en un ippon ou deux waza-aris.

 

Itosu Anko

Maître de Karaté du 19ème siècle. Rénovateur du Karaté.

 

JKA

Japan Karaté Association.

 

Jutsu

Technique.

 

Kano Jigoro

Fondateur du judo.

 

Kara

Vide ou Chine.

 

Karaté

Art de combat à main nue développé dans l'île japonaise d'Okinawa.

 

Karaté Do

La voie du Karaté.

 

Karaté-Jutsu

L'art ou les techniques du Karaté.

 

Karate-ni-sente-nashi

Le Karaté ne commence jamais par une attaque.

 

Kata

Moule. Séquence composée de gestes formalisés et codifiés utilisée dans la transmission et la pratique des arts traditionnels japonais.

 

Ki-hon

Entraînement dans le vide, technique de base.

 

Kobudo

Armes (outils agraires) liées à la pratique du Karaté d'Okinawa.

 

Kumité

Exercice de combat.

 

Mabuni Kenwa

Maître de Karaté du 19/20ème siècle. Fondateur du Shitô-ryû.

 

Mae-geri

Coup de pied direct.

 

Matsumura Sokon

Maître de Karaté du 19ème siècle.

 

Mawashi-geri

Coup de pied circulaire.

 

Miyagi Chôjun

Maître de Karaté du 19/20ème siècle. Fondateur du Gôju-Ryû.

 

Nakahashi Hidetoshi

Maître de Karaté du 20ème siècle. Ecole Shito-Ryu

 

Nunchaku

Arme issue du fléau à riz.

 

Okinawa

Ile de l'extrême sud du Japon.

 

Okinawa Té

Technique de combat d'Okinawa.

 

Saï

Arme blanche courte à trois branches.

 

Sakugawa kanga

Maître de Karaté du 19ème siècle.

 

Sauvin Guy

CN 7ème Dan. DTN. Comité de Rédaction du magazine "Officiel Karaté"

 

Seisan

Nom d'un kata.

 

Shaolin

Temple bouddhiste de la Chine construit au 5ème siècle.

 

Shiaï

Test, compétition.

 

Shitô-ryû

Ecole de Karaté.

 

Shorin

Ecole de Karaté.

 

Shotôkaï

Ecole de Karaté.

 

Shotôkan

Ecole de Karaté.

 

Main

 

Tokitsu Kenji

CN 7ème Dan. Fondateur de l'école Shaolin Mon.

 

Tonfa

Arme du Kobudo.

 

Ushiro geri

Coup de pied arrière.

 

Waza-ari

1/2 point en compétition de Karaté.

 

WUKO

World Union Karaté Association.

 

Yoko geri

Coup de pied latéral.

 

Zen

Secte bouddhique du Japon, venue de Chine au 13ème s.

 

 


Annexe 5

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

OUVRAGES

AUTEURS

EDITONS

 

 

 

Enseigner le Karaté Do

G.Chemama et H. Herbin

C.I.G

Histoire du Karaté Do

K.Tokitsu

Sem

Karaté Do

S.Egami

Shotôkaï, Tokyo 1982

Karaté Do, Ma Voie, Ma Vie

G. Funakoshi

Budostore- La Bibliothèque

Le Karaté

J.L Masnières

Solar

Mémento de l'éducateur sportif, premier degré.

Ministère de la jeunesse et des sports.

INSEP-Publications

Shito-Ryu Karaté Do

Hidetoshi Nakahashi

SEDIREP

Shotokan Karaté International Kata, Volume 1 et 2

Hirozaku Kanasawa

Shotokan Karaté International Tokyo 1981,Japon

 

 

 

 

 

 

MAGAZINES & REVUES

PERIODES

EDITIONS

 

 

 

Budo International

1995-1996

Budo Presse Sarl

Dojo Arts Martiaux

Septembre 1988

Siam

Karaté Bushido

1988-1996

Société européenne

Officiel Karaté

1985-1996

Primatice SARL

 

 

 

PHOTOS & ARTICLES (Extraits de l'Officiel Karaté sauf indications en italiques).

 

 

Couverture, haut

L'art martial : Maître Enoeda et son partenaire. (Dojo Arts martiaux)

Couverture, bas

La compétition : Alain Le Hetet en combat.

Face page 4

"Le rituel du salut" par R.Siret.

Face page 5

Le Kobudo : facette du Karaté.

Face page 6, haut

Maître Mabuni et Maître Konishi (Histoire du Karaté Do de K.Tokitsu).

Face page 6, bas

Entraînement collectif des écoliers vers 1936 (Histoire du Karaté Do de K.Tokitsu).

Face page 7

Maître G.Funakoshi. Fondateur du Karaté moderne (de son livre Karaté Do, ma Voie, ma Vie).

Face page 8

Démonstration de casses.

Face page 9

Le budo: L'art martial et la guerre

Face page 12

Le Kata est un art (danse d'Okinawa)

Face page 14,haut

Maître Motobu (Histoire du Karaté Do de K.Tokitsu).

Face page 14, bas

Entraînement des écoliers à Okinawa en 1936 (Histoire du Karaté Do de K.Tokitsu)

Face page 18

Karaté érotique : une dérive ? (Dojo arts Martiaux)

Face page 19

Mlle Nakayama : souplesse et jeunesse facilitent l'exécution des techniques.

(Dojo Arts Martiaux)

Face page 20

"La compétition, pourquoi ?" par Guy Sauvin

Face page 21

Mawashi-geri: application martiale et sportive.

Face page 22

Alain Le Hetet : un garçon charmant. Une image pourtant emprunte de violence

Face page 23

"Vous avez dit traditionnel", histoire d'une polémique par J.Delcourt

Face page 24

Photo tirée du film d'Akira Kurosawa : "Gagemusha"

 



[1]"Officiel Karaté" n78 1995 pg17 : "Le mythe du Karaté Do" par Gilbert Gruss.

[2] "Officiel Karaté" n 63 1991pg 39 Citation de G.Chemama

[3] ZEN mot japonais venant du chinois "Chan" : méditation, secte bouddhique du Japon venue de Chine au 13ème siècle où la méditation prend la première place. Recherchant la beauté elle a beaucoup contribué au développement des arts japonais : arrangement floral, calligraphie, décoration, cérémonie du thé et arts martiaux.

[4] Shaolin, temple chinois (connu pour pratiquer les arts martiaux chinois depuis des siècles). En japonais Shorin est aussi un courant ancien du Karaté. Se référer à : "Karaté Do" de K. Tokitsu pp 80-81

[5] Voir ci-contre : "le rituel du salut", par R. Siret, "Officiel Karaté n53, 1989

[6] Nakahashi: "Officiel Karaté" n 54 p 18.

[7] Archipel dans le prolongement du Japon, au sud vers la Chine. Principale île : Okinawa.

[8]G. Gruss "Le Mythe du Karaté" Officiel Karaté 1995 n 78 p 17

 

[9] Tiré de "Karaté Do ma Voie ma Vie" de G. Funakoshi.

[10] Etymologiquement TE signifie main donc Okinawa Té veut dire la main d'Okinawa, ancien nom qui donna naissance au Karaté.

[11] Voir photos ci-contre : le Kobudo, les armes.

[12] On doit à Itosu l'introduction de l'enseignement du Karaté dans les écoles d'Okinawa. Voir photo au recto.

[13] Azato n'avait qu'un seul élève : G. Funakoshi, instituteur, "auquel il transmettait son enseignement toutes les nuits" (tiré du livre "Karaté do ma Voie, ma Vie").

[14] Voir photo ci-contre.

[15] Initialement "Karaté" en idéogramme chinois signifiait "main de Chine", alors que "kara" en japonais signifie "vide".

[16] Le "Bushido" : code d'honneur des samouraïs qui va inspirer d'une façon tristement célèbre les "Kamikazes", pilotes d'avions suicides pendant la 2ème guerre mondiale. Donner sa vie avant de mourir tel le samouraï qui s'ouvrait le ventre(seppuku) avant de se  faire couper la tête.

[17] Yoshitaka Funakoshi abaissa les positions, donna plus d'ampleurs dans les techniques, introduit le combat libre, alors que seul le combat conventionnel existait, ajouta au coup de pied direct (mae géri), le coup de pied sur le coté (yoko giri) et le coup de pied circulaire (mawashi géri).

[18] Rappels.1931: premières invasions de la chine par l'armée japonaise ; 1937: le Japon entre en guerre avec la Chine ; 1939: la seconde guerre mondiale éclate ; 1941: l’armée japonaise attaque, sans préavis, les Etats Unis d'Amérique à Pearl Harbour. Ces derniers déclarent la guerre au Japon. C'est le début de la guerre du Pacifique qui prendra fin avec la destruction Hiroshima par la première bombe atomique.

[19] Pourquoi Funakoshi ? Parce qu'il est instruit, lettré, respectueux de la tradition, diplomate, ses maîtres l'on élut dans ce rôle. Photo du Maître ci-contre.

[20] La JKA est une référence incontestable dans le monde du Karaté Shotokan, premier style diffusé rapidement dans le monde. Voir p 23 article de J.Delcourt : "Vous avez dit Traditionnel", "Officiel Karaté," 1988 n 48.

[21] Ses dirigeants viennent principalement de l'université Takushoku de tendance nationaliste extrême droite.

[22] Egami Sigeru (1912-1981), disciple et premier élève de G Funakoshi à  l'université de Waseda, Tokyo A sa mort il fonda l'école Shotôkaï qui devint indépendante. Plus tard Egami orienta son Karaté vers la recherche d'énergie et vers le mysticisme. Il a modifié considérablement le Karaté de G.Funakoshi, tout en respectant ses idées fondamentales et en refusant la compétition. Courant relativement marginalisé de nos jours.

[23] Faits relatés dans le livre de G.Funakoshi : "Karaté Do, ma Voie, ma Vie" pp 119-121.

[24] Certaines vedettes de ces films sont devenues des figures légendaires des arts martiaux et ont contribué à leurs médiatisations auprès des jeunes qui les ont pris pour modèle. Citons Bruce Lee, Chuck Norris dans les années 60-70 et de nos jours Van Damme.

[25] Les démonstrations de Karaté montrent un aspect de force, démonstrations de "casses" de planches, briques et de violence (films de Karaté tels que la série des"kick boxing"). Par tradition on ne s'hydrate pas durant des entraînements de 2 heures. On aime à tester la résistance au niveau du corps en portant les coups à poings nus, "fortifiés" en frappant sur des surfaces dures. Voir photo ci-contre.

[26] Maître Plée est le précurseur du Karaté en France et en Europe dans les années 50, il fera venir de nombreux experts japonais dont Maître Kasé.

[27] Voir p 23 : "Vous avez dit traditionnel ?" par J.Delcourt.

[28] Voir annexe 2 p 27 : "Entretien avec Chemama", question n 3 ; voir courrier de G.Gruss annexe 3 p 29..

[29] Voir photo ci-contre.

[30] Inspiré du chapitre "l'Art Martial et la Vie "de G Chemama du livre "Enseigner le Karaté do".

[31] Citation de G.Gruss "Officiel Karaté" n.67 de 1992, article "Pédagogie, Transmission, Initiation " p 30.

[32] Article de G.Gruss "Pédagogie, Transmission, Initiation " "Officiel Karaté" pg.30 n 67, 1992.

[33] Inspiré des citations de G.Chemama "Enseigner le Karaté Do et les Arts Martiaux".

[34]"Karaté Do, ma Voie, ma Vie" de G.Funakoshi, dans les récits de Funakoshi on retrouve cette notion du bien (les bons qui défendent) qui l'emporte sur le mal (les méchants qui attaquent).

[35] "Karaté-ni-sente-nashi", maxime qui signifie : le Karaté ne commence jamais par une attaque.

[36] "Gagner en perdant"," ma Voie ma Vie", de G Funakoshi, pp 60-67.

[37] En  Japonais : "Ippon Kumité", assaut constitué d'une technique unique remportant la victoire en combat (Kumité).

[38] "Karaté et le thé" Officiel Karaté n 74 : ce récit rend assez bien compte de l'influence de la philosophie Zen  sur le corps et l'esprit(Annexe 1 pg25).

[39] "Officiel Karaté", p 29 n 67, 1992, "Pédagogie, Transmission, Initiation" par G.Gruss.

[40] Kihon : technique de base.

[41] Définition tirée du livre : "Enseigner le Karaté Do" de G.Chemama et H.Herbin p 37.

[42] "Officiel Karaté" n 59, 1991, "Le Kata est un Art "par C.Tani Maîte du Tani-Ha-Shito-Ryu-Karaté-Do. Traduit de l'anglais par J : F Vergnangeal.

[43] Kata de l'école Nahaté (originaire de Chine), il représente aussi l'histoire ancienne des 13 grands samouraïs. 13 est un chiffre symbolique du Bouddhisme : porte-bonheur, protection de la santé.

[44]Voir photo ci-contre.

[45] G.Funakoshi recommandait la pratique des katas et était opposé aux assauts (ippon kumité).

[46]G.Gruss "Officiel Karaté", 1992, n 67, p 32 "Pédagogie, Transmission, Initiation".

[47] Citation de Jacques Delcourt Président de la Fédération française de Karaté, préface du livre "Enseigner le Karaté Do", de G.Chemama.

[48] Agrément et délégation en résumé donne une reconnaissance de l'état et une dimension nationale à la FFKMA, permettant d'obtenir des aides de l'Etat (Loi du 16 juillet 1984).

[49]" Enseigner le Karaté Do", pg11.

[50] Entendre par "vérité" : art véritable, le vrai combat. G.Gruss "Officiel Karaté" n 67 p 30.

[51] Shiai: rencontre des tests en Japonais. En l'absence de véritables champs de bataille cette notion avait pour but de proposer aux combattants un test d'évaluation de leur aptitude au combat : c'est l'introduction de la compétition.

[52] Tiré de Karaté bushido 1988, n 149, p 37 : "expert et maître" par Francis Didier. Photo   ci-contre.

[53] Voir en annexe 2 p 26,27 « : Entretien avec Chemama Question 1& 2.

[54] Voir en annexe 2 p 27 « : Entretien avec Chemama" Question 4. Voir photo ci-contre.

[55]  Etablissements d'enseignements du ministère Jeunesse et Sports : INSEP ; CREPS...

[56] Voir photos p 8 : force de frappe, la casse.

[57]"La Fédération reste le gardien et le garant pour les générations à venir des valeurs fondamentales du Karaté Do" Citation Albert Boutboul "Officiel Karaté" 1995, n 78 pg.5.

[58] Etat: DDJS et ses services. Mouvement sportif : pratiquants, associations, fédérations, mouvement olympique.

[59] Il y a aussi des compétitions Katas, que nous n'étudierons pas. Pour la forme le mode de compétition s'apparente à celui de la danse artistique en patinage, avec le même système de notation. (5 juges pour le Karaté). Pour le fond la démarche est la même que pour le combat.

[60] Ippon : un, notion d'un combat comportant un assaut unique et décisif (ippon Kumité).

[61] Deux juges et un arbitre ( en cas de litige) sont nécessaires.

[62] Le vainqueur sera celui qui a marqué le plus de point avant la fin du temps réglementaire ou qui aura atteint le premier la marque maximale de six points par 3 ippons ou 6 Waza-aris.

[63]  Officiel Karaté n 51, p 26 1989. Article de G.Sauvin, "Compétition, pourquoi ?": "C'est donc naturellement que lorsque l'idée de la compétition a vu le jour, les techniciens de l'époque se sont tournés vers le système ippon-shobu (le vainqueur est celui qui totalise le premier un ippon ou deux waza-aris) qui était l'application sportive logique des recherches.. Cette forme peu démonstrative, car favorisant la défensive, n'était guerre du goût du public. Pour rendre le combat plus dynamique et attrayant,  on est passé à 3 ippons ou 6 waza-aris pour désigner un vainqueur".

[64] La compétition en ippon shobu est celle qui se rapproche le plus de l'assaut traditionnel en Karaté. D'ailleurs, la compétition à l'origine a été introduite comme un test pour les combattants (en Japonais : le shiai). Cette valeur de test a cédé peu à peu le pas à une compétition sportive. "Dérogeant de sa recherche initiale pour se lancer à celle des récompenses, la compétition est ainsi devenue un Karaté sportif qui a quitté l'art martial". G.Sauvin : " Compétition, pourquoi ?".

[65] Voir annexe 2 p 26 : "Entretien avec G.Chemama". Question n 1 ; voir courrier de G.Gruss annexe 3 g 29.

[66] Erotisme ou art martial ? Voir photo ci-contre.

[67] Mission confiée à Traitons, ancien champion du monde de Karaté, déjà impliqué dans un  "tour de France du Karaté cœur", dont le but était d'informer les parents et les enfants sur les méfaits de la drogue en valorisant la pratique du sport, et plus particulièrement du Karaté.

[68] Officiel Karaté n 79 1995 p 38 "Le Karaté éducatif" par J.Delcourt, Président de la FFKAMA.- ex : collège de Chanteloup les Vignes, Les Yvelynes (78) à titre expérimental de janvier en juin 96.

[69] Officiel Karaté 79 1995pg.39 : "opérations prévention été" à Grasse par Pedrag Drljac, et à Nantes par Mlle Catherine Cornu qui existent depuis des années.

[70] "La compétition", p 116 du livre : "Enseigner le Karaté Do" de G.Chemama et H.Herbin. Des solutions de structure de l'enseignement sont proposées selon le niveau de l'éducateur.

[71] Comme dans les autres sports tels le basket par exemple, seuls ceux qui auront les capacités physiques requises et la morphologie type auront des chances réelles de réussite dans le sport de haut niveau. Voir photo ci-contre

[72] "Officiel Karaté" n 72, p 33, 1993 " Karaté Do Outil Pédagogique" par G. Gruss.

[73] Enseigner le Karaté" Do pp 116-117 « ; La compétition" : G.Chemama propose des façons d'enseigner la compétition.

[74] Voir annexe 2 "Entretien avec Chemama". Question 1 p 26 ; voir courrier de G Gruss g 29 annexe3.

[75] Officiel Karaté n 67 1992 p 3 "1'Art martial, Sport et Société" : article de G.Gruss.

[76] Officiel Karaté  n 63 1991 p 40 "La compétition kata : une étape" par G.Chemama.

[77] Officiel Karaté n 71 1993.pg 27 "La voie royale du Karaté" Do par Guy Sauvin.

[78] Voir ci-contre l'exemple donné par G.Sauvin, du coup de pied circulaire (mawashi geri en Japonais) et de son application en art martial et en Karaté sportif, origine "Officiel Karaté" n71 1993 pp32-33.

[79] "Officiel Karaté" n 51 1989 : "compétition, pourquoi ? " Par G.Sauvin. Voir article au recto.

[80] "Officiel Karaté" n 72 1993 p 29 "La voie royale du Karaté Do" par G.Sauvin.

[81] "Officiel Karaté" n 72 1993 p 29 "La voie royale du Karaté" (groupe de travail : G.Gruss, F : Didier, G : Sauvin, G.Chemama).

[82] "Officiel Karaté" n 67 1992 p 32 "Pédagogie" G.Gruss.

[83] Voir photo au recto et photo en couverture : Alain Le Hetet, champion du monde, en compétition.

[84] Ex: Mawashi Geri jambe avant, technique introduite en compétition par G.Gruss, dans les années 70 (dixit G.Gruss).

On doit à Yoshitaka Funakoshi l'introduction des techniques suivantes pour des besoins essentiellement de compétitions : ura mawashi geri ( coup de pied circulaire intérieur) ; ushiro geri ( coup de pied arrière) ; kakato geri ( coup de pied de haut en bas) « ; point de vue" de G.Gruss, "Officiel Karaté", 1993, g 33, n 72.

[85]INSEEP, CREPS, (mentionnons aussi le Bataillon de Joinville).

[86] Voir annexe 2 p 26 : "Entretien avec Chemama" question 1 et 4. Voir annexe 3 pg29, courrier de G.Gruss.

[87]"Karaté Do ou outil pédagogique", G.Gruss, "Officiel Karaté", 1993, p 30, n 72.

[88] Citation d'Hubert Reeves : "l'heure de vérité" dans "Officiel Karaté"1995, n 77 article de G.Gruss g 17.

[89] "Officiel Karaté" n 48, 1988 p 5 « : vous avez dit traditionnel ?" Par J.Delcourt. Voir article ci-contre.

[90] "Officiel Karaté" n 72, 1993 p 34 : "Point de vue", par G.Gruss.

[91] Voir annexe 3 : Courrier de G.GRUSS  Réponse à la question no 1

[92] Voir photo ci-contre tirée du magnifique film d'A.Kurosawa : "Gagemusha".

[93] Tiré du livre "Karaté do " par E.Shigeru, traduit par K.Tokitsu.

[94] Enseigner le Karaté Do" de G.Chemam et H.Herbin, pp 52-59 " les habiletés du Karaté "

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